Octobre 2013 - Utilisez le foin adapté à votre cheval
Les fourrages sont "l'aliment de base" des chevaux. Cet article précise quand et comment, le foin et les autres fourrages, peuvent couvrir la plus grande partie des besoins de votre cheval, en énergie et autres nutriments. Le progtamme PC -Horse peut vous aider à formuler des rations avec une forte proportion de fourrages, bons pour la santé et adaptés à des besoins particuliers, tels que chevaux à l'entraînement intensif, ou ayant besoins de perdre du poids.
L'auteur invitée ce mois-ci, se nomme Sarah MUHONEN. Elle est Docteur en Nutrition Animale, diplomée de l'Université suédoise d'Agronomie (SLU). Etablie à son compte, elle continue la recherche, tout en étant consultante en nutition du cheval et donnant des cours de nutrition animale sur le site www.equi.nutrition.com. Elle propose également un service de mise en contact de producteurs de fourrages et d'utilisateurs, en Suède, sur www.grovfoderborsen.se .
Il y a fourrage et fourrage. La qualité de la digestion du fourrage par le cheval dépend de la proportion de fibres (parois cellulaires) contenues dans le produit. Les parois cellulaires sont constituées de fibres de cellulose, d'hémi-cellulose, de pectines et de proteines membraneuses. La paroi cellullaire peut être plus ou moins lignifiée. Au fur et à mesure de la maturation de l'herbe, les dépots de lignine augmentent, et la digestibilité intestinale des fibres décroît. Quand la digestibilité diminue, la valeur nutritionnelle de l'aliment baisse aussi.
Les besoins en énergie et protéines dépendent étroitement du stade de vie et de l'utilisation du cheval. Naturellement, l'athlète à hautes performances a besoin de beaucoup d'énergie, et donc nécessitera un foin très riche en énergie; alors qu'un poney à activité très réduite, a des besoins en énergie beaucoup plus faibles. Les juments reproductrices et les poulains en croissance, sont les catégories qui ont les plus grands besoins en protéines.
Quand on formule une ration, on doit tenir compte des besoins du cheval liés à son activité, et de ceux de son bien-être intestinal, en plus d'une simple couverture de ses besoins nutritionnels. L'accès en libre service à des fourrages (foin ou enrubannage) de suffisamment bonne qualité, est généralement suffisant pour beaucoup de chevaux.
Quand il est nécessaire de limiter l'apport de fourrage pour des raisons pratiques ou économiques, la quantité la plus appropriée est de 1.5 à 2.0 kg de Matière Sèche /100 kg de Poids Vif. Un minimum indispensable et infranchissable doit être fixé à 1 kg de MS / 100 kg de PV.
Les fourrages récoltés de bonne heure et correctement conservés ont de hautes valeurs nutritives. Si l'on décide de nourrir un cheval athlète de haut niveau avec du foin récolté précocément, cet aliment à lui seul , est capable de couvrir la quasi-totalité, et parfois même la totalité des besoins totaux en énergie et protéines. On n'aura plus besoin, alors, que de de peu, voir pas du tout, d'aliments concentrés.
Une ingestion importante de foin occupe le cheval pendant de longs moments. Ceci est d'autant plus bénéfique à sa santé psychique, et peut même éviter le développement de comportements stéréotypés indésirables (Tics). Un apport important de fourrage est indispensable au maintien de la bonne santé intestinale.
Les plus petits poneys se satisfont aisément d'un fourrage moins énergétique, récolté, par exemple, plus tardivement, à un stade de maturité plus avancé, car un fourrage trop riche couvrirait les besoins énergétiques trop rapidement, et il est ensuite difficile de continuer de leur laisser l'accès au fourrage sans qu'ils ne prennent du poids. En conséquence, les fourrages récoltés le plus tardivement sont idéaux pour des chevaux à l'entretien, ou à très faible activité, dont les besoins énergétiques sont plus bas.
Sarah MUHONEN
Docteur en Agronomie
L'auteur peut fournir les références des publications originales de travaux suédois sur des rations à forte concentration en fourrages.
